Deux heures à attendre. Perdu dans la foule. Trop de bruit. Sensation D'étouffement. Assis par terre.Capuche sur la tete. Casque sur les oreilles.
"play"
Tout s'arrête.Ca y est, je suis invisible...
Je ne me souviens pas de la musique mais je me souviens de la danse qui s'exécute devant mes yeux et c'est spectaculaire : ici peu importe le statut, le look, l'âge, le sexe, la couleur, le compte en banque... tous ces trucs on s'en fout pour une fois. Ici tout le monde a l'air perdu ; pourtant ils savent tous où ils vont. Beaucoup sont seuls comme moi, alors ça recherche le contact visuel, les regards se croisent, certains engagent des conversations mais ça ne vole pas très haut. Des endroits comme ici, il y en a beaucoup, ici c'est n' importe où, ici c'est nulle part. Une faille temporelle : en face de moi un type fraîchement rasé prend son petit déjeuner à côté d'un vieillard qui vient de terminer son dîner et qui va sûrement essayer de trouver un coin pour dormir. Les montres indiquent toutes des heures différentes mais il ne fait jamais vraiment jour et jamais vraiment nuit. Ici on ne se sent pas chez soi mais on ne se sent pas non plus chez un autre. C'est peut-être de là que vient cette atmosphère de malaise général. Certains s'en foutent, ils font comme chez eux, ils parlent fort même s'ils savent que la plupart des gens ne les comprennent pas, peut-être juste l'envie de faire savoir d'où l'on vient mais ici l'important c'est où l'on va. Les têtes sont remplies de souvenirs, d'inquiétude et d'impatience. Seuls les corps sont présents : les pensées sont déjà, ou encore, à des kilomètres de là... ici on n'est pas encore parti ni encore arrivé mais on en est jamais loin...
Une voix retentit, les esprits s'éveillent, les gens se lèvent autour de moi : c'est le moment.
"stop"
Je me lève, retire ma capuche, enlève mes écouteurs, une femme me sourit, elle me souhaite bon voyage...
Toi aussi tu aimes les Aéroports?